+33 (0)9.81.07.86.22 | +33 (0)6.10.25.55.00 aborigenefr@gmail.com

Julie Nangala Robertson 

Collections:

  • Musée des Confluences, Lyon, France
  • Edith Cowan University, Perth, Australie
  • Kluge-Ruhe Aboriginal Collection of the University of Virginia, USA
  • University of Waikato, New Zealand
  • Collection Philippson, Belgique
  • Jacqui McPhee Collection, Perth

 

Prix:

2023 40th NATSIAA, Darwin – Finalist and Winner Telstra General Painting Award

Œuvres

Biographie

Artiste aborigène contemporaine – Pintupi, désert occidental australien

Julie Nangala Roberton Shirley, également connue sous le nom de Julie Nangala Robinson, est une artiste aborigène australienne née en 1973. Issue du peuple Pintupi, elle s’inscrit dans l’une des lignées artistiques les plus importantes du désert occidental.


Origines et héritage familial

Julie est l’une des cinq filles de la grande artiste Dorothy Napangardi, figure majeure de l’art aborigène contemporain.

Elle appartient à une famille d’artistes influente, où la transmission des savoirs culturels et picturaux joue un rôle central. Sa sœur Sabrina Robertson Nangala compte également parmi les artistes reconnues, chacune ayant développé un style personnel distinct.

Julie a longtemps peint aux côtés de sa mère, ce qui explique une proximité visuelle et stylistique avec l’œuvre de Dorothy Napangardi, notamment dans l’approche du territoire et des récits du Dreaming.


Parcours et carrière artistique

Dans le prolongement du mouvement artistique du désert occidental, Julie Robinson Nangala commence à peindre à la fin des années 1990. Très rapidement, elle affirme une écriture picturale propre, tout en restant fidèle aux codes culturels Pintupi.

Son travail s’inscrit dans une démarche à la fois traditionnelle et contemporaine, où la peinture devient un moyen de transmission du savoir ancestral autant qu’un langage artistique personnel.


Thèmes et territoire

L’œuvre de Julie Robinson Nangala est étroitement liée au pays de son père, dont elle est dépositaire : Pirlinyanu, un site sacré situé à proximité de Mina Mina.

Ce territoire est caractérisé par :

  • des formations rocheuses
  • des sources d’eau profondes
  • une forte dimension spirituelle liée aux récits du Dreaming

Le Rêve d’eau constitue le thème central de son travail. À travers ses peintures, elle évoque les déplacements des ancêtres, les sites sacrés et les forces vitales associées à l’eau dans le désert.


Style et langage pictural

En développant un style minimaliste,  contemporain et immédiatement reconnaissable.

Ses œuvres se distinguent par :

  • une composition épurée
  • un langage visuel personnel
  • une utilisation fréquente de trois couleurs principales : noir, blanc et rouge
  • une forte tension graphique entre lignes, espaces et rythmes

Ce minimalisme renforce la puissance symbolique de ses peintures, tout en les inscrivant dans une esthétique résolument contemporaine.


Position artistique et reconnaissance

Bien que profondément influencée par l’héritage de sa mère, Julie Robinson Nangala a su s’affirmer comme une artiste à part entière, développant une signature visuelle singulière.

Elle fait aujourd’hui partie de cette nouvelle génération d’artistes Pintupi qui contribuent à faire évoluer l’art aborigène contemporain, entre tradition ancestrale et modernité plastique.

« J’ai appris à devenir artiste en regardant ma mère, Dorothy Napangardi, peindre. J’ai grandi assise à ses côtés, observant comment elle superposait les points et réalisait ses tableaux. Elle peignait à sa manière, et ses œuvres étaient différentes de toutes celles que j’avais vues auparavant. Elle percevait le pays à sa façon. Elle observait les collines, l’étendue des dunes de sable ou les motifs de la peau du perentie. Elle recréait ensuite ces textures et ces couleurs sur sa toile. Ses points sont les traces de la femme qui marche et danse à Mina Mina. Les femmes et le Temps du Rêve de l’Eau. J’avais l’habitude de peindre mon propre site, mais depuis la mort de ma mère, je peins et me concentre sur Mina Mina. Pour continuer à honorer le pays de ma mère et ses récits. Quand je peins, je pense à ma mère et aux histoires qu’elle me racontait. Je me souviens de sa voix et de la joie avec laquelle elle parlait de Mina Mina, de la vie sur le pays, de la chasse et de la danse. Quand je peins, je pense à ma mère. Dans les moments de calme, je réfléchis aux similitudes entre nos vies. Cela me rend heureuse et fière de recréer les pas de la femme à Mina Mina et d’honorer ma mère. Je marche sur ses traces, je recrée son histoire et sa mémoire. »